La métropole est le stade ultime de la coopération intercommunale. Les métropoles, réservées aux grands ensembles urbains assurent de plein droit de nombreuses compétences : développement et aménagement de l’espace métropolitain ; politique locale de l’habitat et politique de la ville ; gestion des services d’intérêt collectif ; protection et mise en valeur de l’environnement et du cadre de vie. Mais, par le caractère stratégique et massif des compétences transférées, la métropolisation peut faire courir certains risques.
Un premier risque est la volonté des métropoles de se constituer pour concentrer les ressources et les compétences au niveau supra-communal, non seulement pour faire plus efficacement ce qu’une somme de communes pourrait faire moins bien, mais aussi pour entrer dans une forme de compétition entre grandes métropoles, avec l’obsession de l’attractivité, de la captation des emplois et des activités. On comprend les conséquences, sur les territoires péri-urbains et ruraux : désertification, disparition des activités et des emplois et, par exemple en matière écologique, étalement urbain, augmentation des déplacements, congestion de l’aire urbaine, au détriment des politiques de proximité, des politiques sociales….
Un deuxième risque est qu’au regard de son poids dans la métropole, la ville-centre la gouverne en fait à son profit, en arguant des charges liées à sa centralité, et que les communes périphériques soient structurellement perdantes, à la fois sur le plan des flux financiers et sur leur capacité à déterminer les choix politiques, sans pouvoir faire entendre leur voix sur les choix à opérer.
Enfin, le dernier risque est le risque démocratique. Même si les institutions de gouvernance sont légales puisqu’elles découlent des élections municipales, l’absence de suffrage électoral direct pour désigner les conseillers métropolitains et la majorité politique de la métropole nuit à la transparence de la vie démocratique et fragilise la légitimité de l’action publique.
C’est pourquoi il demeure essentiel de respecter l’intercommunalité pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un espace de coopération. Elle est un moyen de mettre ensemble des compétences que seuls nous ne pourrions pas exercer. Nous déplorons que le stade des risques soit hélas dépassé avec Orléans.
A contrario, nous portons fortement la souveraineté municipale au sein de l’espace de coopération que doit être une intercommunalité accompagnatrice. Il n’est pas question de faire de notre métropole une collectivité. Elle est et doit rester l’émanation des communes au service des communes.

