Nous vivons dans la Région la plus défavorisée en termes de démographie médicale et la Ville de Saint-Jean de Braye n’échappe pas à cette réalité.
L’Agence Régionale de Santé, responsable de la cartographie de zonage, n’a pas classé notre territoire en zone d’intervention prioritaire malgré les alertes sur notre situation catastrophique. Cette classification aurait permis une aide d’installation de 50 000 euros pour les médecins arrivant, qui préfèrent s’installer là où ils peuvent bénéficier de cette somme. Sans réponse au recours hiérarchique que nous avons fait auprès de Ministres, notamment Mme Borne, nous avons décidé d’attaquer cette décision au tribunal administratif. Nous sommes encore dans l’attente de la suite qui y sera donnée.
La Santé est une compétence de l’État, et pourtant c’est un sujet qui nous mobilise depuis de nombreuses années. En 2018, nous avons financé la maison de santé pluridisciplinaire qui a permis de garder les médecins présents sur la commune. Nous mettons aussi un logement à disposition pour les internes stagiaires afin qu’ils aient l’envie de s’y installer. Début 2022, nous avons adopté un Plan Local de Santé et d’Insertion afin d’organiser la transversalité et la prévention entre la Ville, les partenaires médicaux-sociaux et les associations du territoire. Et, depuis le début du mandat, nous avons travaillé et cherché sans relâche les solutions d’amélioration.
Lors du conseil municipal de juin, nous avons adopté la convention avec le GIP PRO Santé Centre-Val de Loire qui permet l’installation d’un centre de santé régional sur notre commune dans lequel les futurs médecins seront salariés de la Région. L’ouverture prévue à l’automne sera une première réponse à la crise mais ne résoudra pas le problème à long terme. Avec près de 22 000 habitants, Saint-Jean de Braye compte 4,5 médecins généralistes alors que le besoin est évalué à au moins 18. Pour la ville, plus de 100 000 € sont investis en 2023 pour les travaux et subventions. À cela s’ajoutent les dépenses courantes et le salaire du secrétariat. C’est un effort important dans notre budget mais nécessaire pour que chaque Abraysien trouve, sur son lieu de vie, une réponse adaptée à sa prise en charge. L’égalité d’accès aux soins est un droit fondamental.
Tant qu’il n’y aura pas de loi pour contrôler l’installation des médecins sur le territoire national et ainsi agir sur les déserts médicaux, les actions que nous mettons en place ne seront qu’un « emplâtre sur une jambe de bois ». C’est pourquoi nous avons interpellé les parlementaires du Loiret en ce sens.

