
Seul le prononcé fait foi
Discours de Vanessa Slimani, maire et Conseillère départementale
Bienvenue à toi, Jeanne ! Et bienvenue au(x) page(s) qui t’accompagnent !
Bienvenue à Saint-Jean de Braye, bienvenue à Saint-Loup, lieu historique indissociable des faits de guerre liés à la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc.
Tu as la lourde tâche, Maïlys, d’incarner tout au long de cette année celle que la France entière et l’Orléanais en particulier célèbrent pour avoir sauvé notre pays. Jeanne d’Arc a permis que la guerre de cent ans prenne fin plusieurs années après qu’elle a délivré Orléans. Cette guerre fut un long conflit entrecoupé de trêves qui a débuté en 1337. Car le roi d’Angleterre revendique le royaume de France depuis la crise de succession de Philippe le Bel.
Certains d’entre nous ont peut-être entendu ou chanté en canon dans leur l’enfance le « Carillon de Vendôme », datant du XVè siècle :
Mes amis que reste-t-il, À ce Dauphin si gentil, Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme
En effet, le traité de Troyes signé le 21 mai 1420 déshérite le Dauphin Charles, seul héritier légitime du trône du royaume de France, au profit de la dynastie anglaise des Plantagenêts. Le Dauphin Charles réfute ce traité et après la mort du roi Charles VI, son père, il se proclame roi de France en 1422, sous le nom de Charles VII, en la cathédrale de Bourges.
Mais le « Petit roi de Bourges » – comme certains se plaisaient à le nommer – est contesté par les Bourguignons et par les Anglais. Il devient le souverain d’un royaume en proie à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, compliquée d’une intervention militaire anglaise victorieuse depuis la bataille d’Azincourt en 1415. Charles VII ne verra sa légitimité et sa situation militaire évoluer que grâce à l’intervention de Jeanne d’Arc. Elle participe à la levée du siège d’Orléans et conduit Charles VII à la cérémonie du sacre à Reims le 17 juillet 1429. Le voilà désormais légitimé.
Jeanne, bergère de Lorraine, est devenue le commandant en chef le plus insolite qu’on ait jamais connu. Elle réveille le courage des combattants qui refusaient de se soumettre. Elle sait parler aux soldats, elle est vaillante. « Bouter les Anglais hors de France » est un devoir, il résulte de son engagement.
Cet engagement, qu’elle veut communicatif, est une belle leçon. Volonté, lutte contre l’injustice, résistance figuraient dans son ordre du jour.
Un ordre du jour toujours d’actualité pour nous toutes et tous qui avons quelque chose à donner à la société dans laquelle nous vivons. Nous sommes citoyens, dans la République. En elle, nous avons la possibilité d’agir, de nous engager. La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 nous donne les « droits naturels et imprescriptibles de l’Homme : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ». Ces droits ont été confortés au lendemain de la seconde guerre mondiale par l’adoption le 10 décembre 1948 par les Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’Homme destinée à tout homme, quelle que soit son origine, sa race, sa confession ou le régime politique dont il relève.
Nous sommes rassemblés aujourd’hui autour de Jeanne d’Arc qui nous a donné un exemple de l’engagement pour une cause juste, qui appelle à prendre des initiatives. Sachons, comme Jeanne d’Arc l’a fait, nous indigner. C’est le préalable à la résistance pour plus de justice et de liberté, c’est le préalable à l’engagement.
L’engagement au service des autres, tu le pratiques, Maïlys, notamment dans ton lycée avec la Croix Rouge et aussi avec l’association Magdalena.
La solidarité, la lutte contre les inégalités, le droit à la dignité sont portées par de nombreux mouvements d’éducation populaire, par des associations qui agissent dans le cadre de l’engagement républicain et de la laïcité. Il ne faut jamais oublier ces valeurs fondamentales et humaines qui doivent présider à toutes les initiatives et à tous les actes que nous posons. Ce qui a été fait par Jeanne d’Arc, ce qui a été écrit par les représentants du peuple français en 1789 et les Nations Unies en 1948 est toujours d’actualité. C’est pourquoi il faut faire sens de ce qui arrive, être responsable et agir.
À nos portes en Ukraine, au Moyen-Orient, la guerre fait rage, des citoyens du monde entier se lèvent contre l’injustice et la dictature, revendiquent le respect et le droit à la dignité. Face à cela, nous avons le devoir de nous engager dans tous les domaines de la vie, en nous rappelant les étapes qui ont façonné l’histoire de notre pays.
Nous avons le devoir de nous souvenir ce que fut il y a 80 ans le massacre d’Oradour-sur-Glane ; ce que fut, il y a également 80 ans le rapt et l’assassinat de Jean Zay par des miliciens ; de nous souvenir de l’homme visionnaire de la IIIè République qu’il était. Il a mené une action éclairée et volontaire, empreinte du souci des valeurs de la République, de justice sociale et d’égalité. Elle fut sa réponse profondément républicaine aux défis fascistes et au nazisme.
En s’engageant, en prenant la responsabilité de lever une armée pour combattre, Jeanne d’Arc défendait les droits de tout homme contre l’abus de pouvoir et contre l’oppression. Elle vivait à une époque différente de la nôtre, sous un autre régime que la République. Mais elle savait ce que veulent dire pour l’Homme la liberté, l’égalité, la fraternité.
Vive Jeanne d’Arc, Vive Orléans, Vive la France tout entière !

