11 novembre 2024 Commémoration de la victoire et de la paix
Discours de Vanessa Slimani, Maire, Conseillère départementale – Seul le prononcé fait foi
Chaque année, nous sommes réunis pour commémorer l’armistice du 11 novembre 1918, pour commémorer la victoire et la paix.
Partout en France, dans chaque ville, dans chaque village, nous célébrons la liberté retrouvée au terme de quatre terribles années. Aux sonneries de clairon annonçant le cessez le feu ont succédé les cloches sonnant à toute volée. Si ce fut un jour de joie, les millions de victimes, les familles endeuillées, les soldats marqués à jamais dans leur cœur et dans leur corps ont marqué notre mémoire.
Nous sommes nombreux à avoir entendu un grand ’père, une grand ’mère nous parler de leur guerre. Parler, transmettre, témoigner, c’est ce qu’ils faisaient. Pour eux, lorsqu’ils arrivaient à l’exprimer, l’horreur des combats, des tranchées, des camarades tués sous leurs yeux. Pour elles, le courage du travail à l’usine ou aux champs pour pallier l’absence des hommes partis au front et de celui, quotidien, du travail à la maison.
En commémorant en cette année 2024 la victoire de la première guerre mondiale, il est impossible de passer sous silence la guerre lancée par la Russie à l’Ukraine, la violation du droit international, la Charte des Nations Unies ignorée. Nous avons le devoir de dénoncer, sur le continent européen et aux portes de l’Union européenne, l’offensive illégitime, brutale et de grande ampleur de la Russie contre l’Ukraine qui bafoue les droits de l’Homme.
Il est tout aussi impossible de passer sous silence la guerre qui sévit au Proche Orient, les extrémismes dévastateurs et les escalades meurtrières alors que dès 1947 était posée, comme solution, la coexistence de deux États pour vivre en paix.
Toute guerre est meurtrière et comment peut-il en être autrement, quelles que soient les armes ? Au nom de quels motifs les hommes sont-ils poussés à la provoquer et la commettre ? Comment les populations attaquées doivent-elles ou peuvent-elles résister et se défendre au nom de la justice et de la liberté *
Combien de morts, de familles séparées, endeuillées, de vies brisées, de victimes traumatisées par ce qu’elles ont vu se commettre sous leurs yeux. Non, nous ne pouvons pas passer sous silence aujourd’hui les violences, les actes barbares, les viols commis sur les femmes et les enfants.
L’abus de pouvoir et l’oppression doivent nous indigner. La réalité d’hier, celle de la grande guerre dont nous commémorons aujourd’hui la victoire est hélas trop facile à transposer dans notre monde d’aujourd’hui. Il est inacceptable au XXI’ siècle d’avoir recours à la force pour attaquer l’intégralité territoriale d’un pays, sa souveraineté, son indépendance, pour modifier ses frontières.
L’indignation et la non-violence doivent nous guider pour refuser la barbarie. Citoyennes et citoyens européens, nous avons le devoir de ne pas accepter l’injustice, l’oppression, la violence, le devoir d’être solidaires. Dans notre société en perpétuelle évolution, la solidarité et le respect dû à chaque personne doivent combattre le règne de la suprématie, du despotisme, de la violence. Ce qui a été écrit par les représentants du peuple français en 1789 et par les Nations Unies en 1948 est toujours d’actualité. Nous devons veiller précieusement sur l’héritage du passé, particulièrement sur celui du XXe siècle et celui des Lumières. Nous devons veiller précieusement à la nécessité de transmettre ces valeurs de paix à la jeunesse, par l’éducation et la culture.
Stéphane Hessel, ambassadeur de la paix et citoyen du monde, corédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme appelait à s’indigner en même temps qu’il appelait à «une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous»
À celles et ceux qui font et feront le XXI’ siècle, il rappelait « qu’il (avait] compris très tôt qu’il n’y a pas d’autre solution pour vivre ensemble sur cette terre que d’apprendre ä se comprendre et à dialoguer ».


