JOURNEE NATIONALE DE LA DEPORTATION

Dimanche 27 avril 2025 à 11h30

Discours de Vanessa SLIMANI, Maire de Saint-Jean de Braye, Conseillère départementale du Loiret

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui, en ce dimanche 27 avril 2025, pour commémorer la Journée Nationale de la Déportation. Une journée où le poids de l’histoire se fait particulièrement sentir, où le souvenir des victimes de la Shoah et des déportations nous étreint avec une force intacte. Une journée particulière, en cette année 2025 où nous avons commémoré en de nombreux lieux d’Europe le 80e anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz et leur invraisemblable réalité…

Une année singulière pour faire chemin de mémoire ; une année pour célébrer le souvenir des victimes et des héros de la déportation, qui ont connu les funestes camps d’extermination de la Guerre mondiale qui a rugi et tant dévasté partout en Europe, entre 1939 et 1945.

Ici, à Saint-Jean de Braye, ce moment de recueillement est d’autant plus poignant qu’il résonne avec les échos inquiétants de notre époque. Comment ne pas être troublé par la recrudescence des actes antisémites dans notre pays ? Ces gestes, ces paroles, ces inscriptions haineuses qui viennent souiller notre vivre-ensemble et rappeler les heures les plus sombres de notre histoire. Ils nous rappellent avec une brutalité inacceptable que le poison de l’antisémitisme n’a jamais été complètement éradiqué et qu’une vigilance constante est impérative.

Au-delà de nos frontières, nous observons également avec préoccupation des politiques d’exclusion qui stigmatisent et marginalisent des populations entières. Ces démarches, fondées sur la peur de l’autre et le rejet de la différence, ne sont pas sans rappeler les mécanismes qui ont conduit aux persécutions et aux déportations que nous commémorons aujourd’hui. L’histoire nous enseigne que le repli sur soi et la désignation de boucs émissaires sont des chemins dangereux, porteurs de souffrances et d’injustices.

Face à ces réalités contemporaines, la commémoration de la Journée Nationale de la Déportation prend une dimension encore plus cruciale, celle de la transmission et du pouvoir sans conteste du partage de la Mémoire pour ne jamais oublier.

Il ne s’agit pas seulement de nous souvenir du passé, mais de comprendre comment les idéologies de haine et d’exclusion peuvent se manifester aujourd’hui, sous des formes parfois insidieuses.

Alors, il nous faut sans cesse sensibiliser les publics, quelques soient les âges, aux drames indicibles de la barbarie guerrière, aux tragédies si cruelles qu’ont vécu des millions de familles partout en Europe, face à la bestialité des camps nazis et face à la cruauté sans nulle autre pareil de leurs atroces bourreaux. Femmes ou hommes, autant d’enfants, d’adultes et de vieillards atteints par la négation de leur dignité humaine : nous gardons leurs noms gravés en nos cœurs, en notre Histoire et en notre mémoire.

Il s’agit donc de tirer les leçons de l’histoire pour éclairer notre présent et construire un avenir où la dignité de chaque être humain est respectée et où la diversité est perçue comme une richesse et non comme une menace.

À Saint-Jean de Braye, nous réaffirmons avec force notre engagement en faveur des valeurs de la République : la liberté, qu’elles soient d’expression, d’opinion, de mode de vie ou de religion, l’égalité entre toutes et tous, et la fraternité qui doit nous rassembler par ces liens invisibles que l’on nomme Humanité. Ces valeurs sont notre rempart contre la barbarie et notre boussole pour construire une société plus juste et plus humaine. Nous continuerons à œuvrer, par l’éducation et le dialogue, pour que jamais l’oubli ne l’emporte et pour que les leçons du passé nous guident vers un avenir de paix et de respect mutuel.

Nous sommes tous ici réunis aujourd’hui devant ce monument aux Morts, sacralisé comme lieu de mémoire, de recueillement et de rassemblement, pour ne jamais nier, pour se dire sans cesse « Plus jamais ça ». Nous ne devons jamais cesser de lutter contre la répression, l’oppression et la persécution.

Ces moments de recueillements contribuent à la construction d’une mémoire collective, autour de valeurs qui rassemblent. Ces instants de mémoire concourent à lutter contre l’oubli et l’inhumanité des idéologies criminelles et des perversions totalitaires, qui menacent le monde et notre planète Terre.

A nous, toutes et tous de savoir résister, de faire œuvre d’intelligence, de discernement et aussi de tolérance, pour que le chemin de Mémoire se poursuive à l’infini, et fasse jaillir la minuscule étincelle de l’espoir. En ce jour solennel, souvenons-nous, restons vigilants et agissons ensemble pour que l’ombre de la déportation ne plane plus jamais sur notre monde.

Je vous remercie.