Lundi 14 juillet 2025, esplanade de Gaulle
Discours de Vanessa SLIMANI
Maire et Conseillère départementale du Loiret
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Conseiller régional, cher Romain, représentant le Président de la Région Centre Val de Loire,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Aujourd’hui, en ce 14 juillet, nous sommes réunis pour célébrer ensemble la fête nationale, ce moment singulier où la France tout entière se souvient de son histoire, de ses combats et de ses idéaux.
Cette date, gravée dans notre mémoire collective, nous ramène à l’année 1789, à la prise de la Bastille, symbole de la lutte contre l’absolutisme et de l’aspiration à la liberté. Elle rappelle à chacune et chacun d’entre nous que la République est née d’un sursaut, d’un refus de la résignation, d’une volonté farouche de bâtir un avenir meilleur.
Mais célébrer le 14 juillet, ce n’est pas seulement se tourner vers le passé. C’est, plus que jamais, interroger notre présent et notre avenir. Car aujourd’hui, dans un contexte mondial marqué par la montée des illibéralismes, des populismes et des conflits, l’héritage de la Révolution française résonne avec une acuité particulière.
Partout, nous voyons ressurgir des tentations d’autoritarisme, des discours de haine, des replis identitaires. Les libertés fondamentales, conquises au prix de tant de sacrifices, sont menacées ou fragilisées. Les principes de justice, d’égalité et de fraternité, qui devraient guider les sociétés, sont parfois remis en cause, au profit de l’exclusion, de la division, de la peur de l’autre.
Face à ces défis, il est de notre devoir de rappeler ce que signifie le 14 juillet. Ce jour n’est pas seulement celui de la fête et des feux d’artifice. Il est d’abord celui de l’engagement. Celui d’un peuple qui s’est levé pour dire non à l’arbitraire et à l’injustice. Celui d’hommes et de femmes qui ont affirmé, avec courage, que la liberté, l’égalité et la fraternité devaient être les fondements d’une société juste.
La Révolution française, avec ses lumières et ses ombres, a légué au monde un message universel. Elle a montré que l’histoire n’est jamais écrite d’avance, que chaque génération a la capacité – et la responsabilité – de défendre et de renouveler les principes qui fondent la dignité humaine.
Aujourd’hui, alors que certains voudraient nous faire croire que le repli, la peur ou la force sont les seules réponses possibles aux défis de notre temps, nous devons réaffirmer avec force que la République est notre rempart. Elle est ce cadre commun qui garantit à chacune et chacun ses droits, qui protège les plus faibles, qui refuse l’arbitraire et l’injustice. La République, c’est la promesse que nulle condition, nulle origine, nulle croyance, ne saurait justifier l’exclusion ou la discrimination.
Mais la République n’est pas un acquis définitif. Elle est un combat de chaque jour, un idéal à faire vivre et à transmettre. Elle exige de nous vigilance, engagement et solidarité. Elle nous appelle à dépasser nos peurs, à tendre la main, à croire en la force du dialogue et de la raison.
La République nous rassemble, la République nous protège, et nous oblige.
Elle nous oblige par la liberté qui nous est donnée et dont nous avons à faire bon usage dans le respect des autres : respect de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, de la liberté de réunion, de la liberté syndicale.
Elle nous oblige par la loi du 9 décembre 1905 qui, en son article 1er, dit que « La République assure la liberté de conscience ». La laïcité qui en découle est à la fois principe universel, principe d’émancipation et primauté de l’intérêt général sur tout intérêt particulier ou communautaire.
Elle nous oblige par l’égalité face à une urgence aujourd’hui sociale, écologique, éducative, de santé publique et de justice fiscale. C’est ce que l’éducation doit permettre pour que l’égalité entre les femmes et les hommes soit respectée, dans la dignité et la justice.
Elle nous oblige par la fraternité qui est pierre angulaire de la liberté et de l’égalité ; parce que prise seule, la liberté favorise les inégalités et qu’également prise seule, l’égalité détruirait la liberté. Ainsi le dit le Manuel républicain de l’homme et du citoyen de 1848 : « La liberté et l’égalité réunies composeront une République parfaite, grâce à la fraternité ».
Liberté, Égalité, Fraternité : ces trois mots, inscrits sur le fronton de nos mairies, de notre mairie, ne sont donc pas de simples slogans. Ils sont notre boussole. Ils sont ce qui nous unit, ce qui donne sens à notre action collective, ce qui fait de la France une nation singulière, respectée et aimée au-delà de ses frontières.
C’est pourquoi, en ce 14 juillet, je veux rappeler que la France ne doit jamais renoncer à sa vocation universelle. Notre pays a toujours été une terre d’idées, d’accueil, de débats. Il a su, dans les moments les plus sombres, porter haut la voix de la liberté et des droits de l’homme. Ce message, plus que jamais, doit continuer à résonner dans le monde.
Chers amis, en ce jour de fête nationale, ayons une pensée pour celles et ceux qui, partout dans le monde, luttent encore pour ces idéaux. Soyons dignes de l’héritage qui nous a été transmis. Soyons fiers de notre République, et engageons-nous, chacune et chacun à notre place, à la faire vivre, à la défendre, à la transmettre.
Enfin, le 14 juillet, s’il nous oblige, est aussi, je le disais, jour de fête. La fête de notre République. Une fête populaire qui nous rassemble, qui nous anime, qui nous réjouit.
Soyons donc rassemblés pour une soirée festive.
Vivent la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ! Vive la République, vive la France
